Le premier ministre Mark Carney et les membres de sa délégation ont dépensé 159 800 $ en repas servis à bord d’un avion gouvernemental au cours d’un seul voyage, où figuraient notamment au menu du « poulet chasseur », du bar du Chili et un dessert nommé « Death by chocolate », selon des documents obtenus par la Fédération canadienne des contribuables.
Les promesses de compression des dépenses ne semblent pas s’appliquer aux repas servis à bord des avions gouvernementaux. Mark Carney continue d’y accumuler des factures salées, alors que d’autres hauts responsables fédéraux voyagent pour une fraction de ce coût.
« Mark Carney a dépensé davantage en repas d’avion lors d’un seul voyage qu’une famille moyenne ne dépense pour l’épicerie en une décennie » a déclaré Franco Terrazzano, directeur fédéral de la Fédération canadienne des contribuables. « Il promet de réduire les dépenses publiques, mais s’il n’est même pas prêt à couper dans les repas servis à bord, où compte-t-il réellement économiser? »
Selon des documents déposés en réponse à une question inscrite au Feuilleton, Mark Carney et les 55 membres de sa délégation ont dépensé 159 800 $ en repas d’avion lors d’un déplacement d’une semaine à Athènes, Abou Dhabi, Johannesburg et aux îles Canaries en novembre 2025. Cela représente près de 2 850 $ par passager.
Le gouvernement affirme qu’une partie de ces dépenses pourrait être remboursée. Il n’a toutefois fourni aucune information indiquant quels montants, le cas échéant, ont effectivement été remboursés aux contribuables.
À titre comparatif, le premier ministre et sa délégation ont dépensé davantage en repas servis à bord lors de ce seul voyage d’une semaine qu’une famille moyenne ne dépense en épicerie pendant neuf ans.
La Fédération canadienne des contribuables a également obtenu les menus détaillant les repas gastronomiques à plusieurs services offerts pendant ce voyage.
Au déjeuner, les passagers pouvaient choisir entre une omelette aux tomates séchées et à la mozzarella ou du pain doré à la cannelle accompagné de petits fruits.
Les plats principaux comprenaient notamment un filet de bœuf sauce au poivre, un suprême de poulet à la sauce aux morilles accompagné d’un gratin dauphinois, ainsi qu’un cabillaud rôti lentement nappé d’une sauce crémeuse à l’estragon, selon les menus fournis par le gouvernement.
Pour le dessert, les passagers avaient droit à un tiramisu, un gâteau au fromage, un parfait composé de deux mousses au chocolat et de cerises au marasquin, ainsi qu’à une création baptisée « death by chocolate ».
Au total, Mark Carney a dépensé près d’un million de dollars en repas d’avion au cours de 14 vols pendant sa première année comme premier ministre.
« Mark Carney affirme vouloir réduire les dépenses et son gouvernement a promis aux Canadiens de diminuer les coûts liés aux déplacements. Il doit maintenant expliquer comment une facture de près de 160 000 $ pour des repas servis à bord d’un avion gouvernemental peut être compatible avec cet engagement », a déclaré Nicolas Gagnon, directeur Québec de la Fédération canadienne des contribuables.
« Si d’autres élus et hauts fonctionnaires sont capables de voyager sans présenter aux contribuables des factures aussi exorbitantes, le premier ministre devrait être en mesure d’en faire autant. »
Il est pourtant possible pour un premier ministre d’effectuer des déplacements internationaux sans imposer aux contribuables une facture à six chiffres pour les repas servis en vol. Lors d’un voyage en Pologne, en Allemagne et en Lettonie, Mark Carney et les 62 membres de sa délégation n’ont dépensé que 9 270 $ en repas d’avion, selon les documents gouvernementaux.
Les dépenses d’autres hauts responsables fédéraux démontrent également qu’il est possible de voyager à l’étranger sans dilapider l’argent des contribuables.
L’ancien ministre de la Défense Bill Blair et les membres de sa délégation ont ainsi coûté 2 350 $ en repas d’avion lors d’un voyage de douze jours en 2025, selon les documents gouvernementaux.
Le chef d’état-major de la Défense s’est rendu à Washington avec cinq membres des Forces armées canadiennes en mars 2025, sans qu’un seul dollar ne soit facturé aux contribuables pour les repas servis à bord, selon ces mêmes documents.
Malgré cela, Mark Carney continue de dépenser des dizaines de milliers de dollars en repas d’avion, même après que son gouvernement eut promis de réduire ce type de dépenses.
En 2022, l’ancienne gouverneure générale Mary Simon avait dépensé environ 100 000 $ en repas d’avion lors d’un voyage d’une semaine au Moyen-Orient. À la suite de l’indignation du public, des députés avaient vivement critiqué les fonctionnaires responsables de ces dépenses en comité parlementaire, qualifiant cette facture d’« absurde ».
Le gouvernement avait alors reconnu que les coûts associés aux déplacements de la gouverneure générale étaient « problématiques » et s’était engagé à prendre « des mesures pour éviter que de telles dépenses élevées ne se reproduisent ».
« Nous nous engageons à poursuivre notre examen des dépenses afin de cerner et de mettre en œuvre des économies supplémentaires », écrivait alors le gouvernement dans un rapport.
Après avoir promis de réduire les dépenses, Mark Carney a finalement coûté environ 60 000 $ de plus en repas d’avion lors de son voyage d’une semaine à Abou Dhabi que Mary Simon lors de son déplacement d’une semaine au Moyen-Orient.
« Rien ne justifie qu’un premier ministre fasse payer aux contribuables une facture de six chiffres pour des repas servis à bord d’un avion gouvernemental. Mark Carney doit veiller à ce que cela ne se reproduise plus », a conclu Nicolas Gagnon.