OTTAWA (Ontario) : La Fédération canadienne des contribuables souligne que le nouveau Fonds pour un Canada fort du premier ministre Mark Carney n’a rien d’un fonds souverain comme celui de la Norvège. Au contraire, ce fonds fera grimper la dette et exposera l’argent des contribuables à des risques importants.
« La Norvège utilise son fonds souverain pour épargner et ne dépense que les rendements, alors que le fonds de Carney repose sur de l’argent emprunté et misera l’argent des contribuables dans des subventions aux entreprises », a déclaré Franco Terrazzano, directeur fédéral de la FCC.
« Le fonds corporatif alimenté par la dette de Carney n’a rien à voir avec le modèle norvégien. »
Le premier ministre Mark Carney a annoncé hier la création du Fonds pour un Canada fort. Il a indiqué qu’il empruntera 25 milliards de dollars supplémentaires pour alimenter ce fonds, qui servira à subventionner « des projets et des entreprises canadiennes », selon le gouvernement.
Le gouvernement soutient que le Fonds pour un Canada fort constitue un « fonds souverain national ». Or, ce fonds n’a rien de comparable à un véritable fonds souverain comme celui de la Norvège, souvent considéré comme la référence mondiale.
La Norvège épargne ses revenus pétroliers dans son fonds et ne dépense que le rendement anticipé. Elle investit également ces sommes à l’étranger afin d’assurer une diversification et de protéger le fonds contre les dérives, notamment les subventions aux entreprises ou les projets politiques.
À l’inverse, le gouvernement du Canada prévoit emprunter des milliards pour financer ce fonds, puis utiliser cet argent pour choisir les gagnants et les perdants parmi les entreprises canadiennes.
Selon le budget 2025, le gouvernement fédéral traîne déjà une dette de plus de 1 300 milliards de dollars et prévoit emprunter environ 65 milliards de dollars supplémentaires cette année.
Les intérêts sur la dette coûteront 60 milliards de dollars aux contribuables, soit davantage que les transferts fédéraux en santé aux provinces (57,4 milliards) ou les revenus de la TPS (56,5 milliards).
« Mark Carney ne crée pas un fonds souverain, il emprunte des dizaines de milliards de dollars pour exposer les contribuables à des subventions risquées aux entreprises », a déclaré Nicolas Gagnon, directeur Québec de la Fédération canadienne des contribuables.
« Les intérêts sur la dette fédérale coûtent déjà plus d’un milliard de dollars par semaine aux contribuables, et le gouvernement ne devrait pas alourdir davantage la facture en empruntant des milliards supplémentaires pour financer des subventions aux entreprises. »
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