MONTRÉAL (QC) – La Fédération canadienne des contribuables presse le gouvernement fédéral de mettre fin à son programme de confiscation d’armes à feu, à la suite de l’annonce de son déploiement à l’échelle nationale.
« L’échec du projet pilote à Cap-Breton aurait dû envoyer un message clair à Ottawa : ce programme ne fonctionne pas et doit être abandonné », a déclaré Nicolas Gagnon, directeur Québec pour la FCC. « Les Québécois le savent très bien : pour améliorer la sécurité publique, il faut s’attaquer aux armes illégales et aux réseaux criminels, pas pénaliser des citoyens respectueux de la loi. »
Le gouvernement fédéral a annoncé que le programme national de confiscation d’armes à feu commencera par une période de déclaration dès ce lundi.
Lors du projet pilote mené à Cap-Breton, Ottawa visait la confiscation de 200 armes à feu, mais seulement 25 ont été récupérées. Le gouvernement fédéral a tout de même versé au moins 149 760 $ à la Municipalité régionale du Cap-Breton pour la mise en œuvre de l’opération.
Malgré cet échec, Ottawa poursuit le déploiement national d’un programme annoncé initialement en 2020, qui cible des armes détenues par des Canadiens légalement autorisés et respectueux des lois.
Un sondage réalisé par Léger démontre que les Québécois rejettent clairement cette approche.
Selon les résultats, 51 % des répondants estiment que la lutte contre la contrebande d’armes illégales en provenance des États-Unis est le moyen le plus efficace de réduire la criminalité liée aux armes à feu, contre seulement 37 % qui appuient un programme fédéral d’interdiction et de confiscation.
Des associations policières ont également averti que ce programme n’améliorera pas la sécurité publique.
« Nous savons que le programme de rachat d’armes aura, essentiellement, un impact nul sur la criminalité à Toronto », a déclaré Clayton Campbell, président de l’Association de la police de Toronto.
Le syndicat représentant les membres de la GRC affirme pour sa part que le programme fédéral « détourne des effectifs, des ressources et des fonds essentiels de la lutte contre la menace plus immédiate et croissante que représente l’utilisation criminelle d’armes à feu illégales ».
Les coûts du programme continuent de grimper. Selon le Directeur parlementaire du budget, l’estimation initiale de 200 millions de dollars a bondi jusqu’à 756 millions de dollars pour les indemnisations seulement. D’autres experts indépendants évaluent la facture totale à environ 6 milliards de dollars.
Ottawa s’est également engagé, le 7 janvier, à verser jusqu’à 12,4 millions de dollars pour couvrir les coûts du Québec liés à la coordination de la récupération des armes visées. Là encore, des experts préviennent que la facture globale pourrait atteindre plusieurs milliards de dollars.
Le Québec est actuellement la seule province à avoir confirmé sa collaboration avec le programme fédéral de confiscation d’armes à feu.
« Ottawa doit mettre un terme à ce programme avant de dilapider encore davantage l’argent des contribuables », a conclu Gagnon. « Les Québécois exigent des résultats réels : frapper le crime organisé et les armes illégales, pas gaspiller des millions dans un programme inefficace qui ne rendra personne plus en sécurité. »
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