MONTRÉAL (Québec) : La Fédération canadienne des contribuables demande au gouvernement du Québec et à la SAQ de cesser de dépenser l’argent des contribuables pour entreposer des bouteilles qui auraient pu être vendues.
« Des millions de dollars de produits alcoolisés prennent la poussière dans les entrepôts de la SAQ pendant que les contribuables paient la facture d’entreposage et de manutention », a déclaré Nicolas Gagnon, directeur Québec de la FCC. « Au lieu de générer des revenus pour financer les services publics, ces produits demeurent immobilisés dans des entrepôts pendant que les contribuables en assument les coûts. »
La SAQ a dépensé au moins 2,3 millions de dollars pour retirer les produits américains de la vente entre le 4 mars 2025 et le 28 mars 2026, selon des documents obtenus par la Fédération canadienne des contribuables à la suite d’une demande d’accès à l’information.
Ces coûts comprennent l’entreposage, la manutention, le financement des stocks ainsi que le don de produits américains à des organismes.
La société d’État précise que ces coûts demeurent préliminaires et continuent d’augmenter puisque les activités liées au retrait des produits américains se poursuivent.
Les produits américains ont été retirés des tablettes le 4 mars 2025 à la demande du gouvernement du Québec, en réponse aux tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis.
Environ six mois après le début du boycottage, près de 27 millions de dollars de produits alcoolisés américains se trouvaient toujours dans les entrepôts de la SAQ.
La SAQ a également reconnu plus tôt cette année que des produits américains d’une valeur pouvant atteindre 8,6 millions de dollars risquaient de se détériorer pendant leur entreposage, ce qui a forcé la société d’État à remettre certains produits en vente avant leur date de péremption.
La SAQ n’a publié aucune analyse démontrant l’effet de cette politique sur ses ventes ou ses revenus globaux.
La situation rappelle celle de l’Ontario, où la LCBO a récemment reconnu qu’environ 2 millions de dollars de produits alcoolisés américains étaient périmés ou risquent de le devenir.
« Quand une société d'État dépense des millions pour gérer des produits invendus plutôt que pour les vendre, les contribuables méritent des explications », a déclaré Gagnon. « La SAQ doit rendre publics tous les coûts associés à cette décision, y compris les revenus qu'elle a pu perdre. »
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