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La rémunération de la gouverneure générale s’élève désormais à près de 400 000 $

Auteur: Nicolas Gagnon 2026/01/29

La rémunération de la gouverneure générale Mary Simon augmente de 1 317 $ par mois en 2026, même si son salaire équivaut déjà à près de cinq fois le revenu annuel moyen des Canadiens.

« À Ottawa, qui peut sérieusement expliquer aux contribuables en quoi ils en ont davantage pour leur argent alors que le salaire de la gouverneure générale, payé à même leurs impôts, augmente de plus de 1 300 $ par mois », a déclaré Nicolas Gagnon, directeur Québec de la Fédération canadienne des contribuables.

« Pendant que les familles peinent à absorber le coût de la vie, cette hausse salariale équivaut presque à une année complète d’épicerie pour une famille. »

Le Bureau du Conseil privé a confirmé à la Fédération canadienne des contribuables que « le salaire de la gouverneure générale pour 2026 est de 393 800 $, conformément aux dispositions de la Loi sur le gouverneur général ».

Cela signifie que la gouverneure générale a droit, par la loi, à une augmentation salariale automatique chaque année. Il s’agit de la cinquième hausse automatique depuis l’entrée en fonction de Mme Simon.

En 2026, son salaire a augmenté de 15 800 $. Depuis 2019, la rémunération associée à la fonction de gouverneur général a bondi de 91 000 $.

Pendant ce temps, le revenu annuel moyen des Canadiens s’établit à environ 75 000 $, selon Statistique Canada.

La gouverneure générale n’est pas la seule à bénéficier d’augmentations automatiques. Ce La gouverneure générale n’est pas la seule à bénéficier d’augmentations salariales automatiques. Ce système s’applique désormais à l’ensemble de l’appareil gouvernemental.

Les députés de tous les partis reçoivent une hausse de salaire chaque année, tout comme les sénateurs.

Selon un rapport obtenu par la Fédération canadienne des contribuables, des dirigeants syndicaux du secteur public ont d’ailleurs invoqué « les augmentations salariales annuelles des sénateurs et des députés » pour justifier leurs propres demandes salariales aux frais des contribuables.

Le résultat est frappant : selon les Comptes publics, la bureaucratie fédérale a coûté 71,4 milliards de dollars aux contribuables en 2024-2025. En dix ans, cette facture a bondi de 80 %.

Ces augmentations salariales automatiques se poursuivent dans la fonction publique fédérale malgré la détérioration rapide des finances publiques.

Les dépenses continuent de grimper et la dette atteindra 1350 milliards de dollars cette année. Le gouvernement gaspillera cette année davantage d’argent en intérêts sur la dette qu’il n’en versera aux provinces en transferts en santé ou qu’il n’en percevra par la TPS.

« Le recours systématique aux augmentations salariales automatiques à Ottawa est profondément déconnecté de la réalité des contribuables », a poursuivi Nicolas Gagnon.« Un changement de culture s’impose, et il doit inclure la fin des hausses salariales automatiques pour la gouverneure générale, les élus et l’ensemble de la fonction publique fédérale.»

En plus de son salaire annuel de 393 800 $, la gouverneure générale bénéficie d’une série d’avantages coûteux, notamment une résidence officielle financée par les contribuables, un budget vestimentaire, des services de nettoyage à sec payés et des dépenses de voyage somptuaires.

La gouverneure générale bénéficie d’une allocation vestimentaire de 130 000 $ pour l’ensemble de son mandat de cinq ans.

À titre de comparaison, ce montant lui permet de dépenser davantage en vêtements que ce qu’un Canadien moyen consacre à son loyer sur une période équivalente.

Mme Simon a notamment facturé aux contribuables 2 510 $ pour des complets en laine de luxe, 1 500 $ pour une « pièce de poitrine en peau de phoque », 1 117 $ pour six paires de chaussures, ainsi que plusieurs milliers de dollars pour un veston, un manteau, une robe et d’autres articles.

Elle a même réclamé 330 $ pour deux camisoles en soie.

La gouverneure générale a également été au centre de nombreuses controverses liées à des dépenses de voyage totalisant plusieurs millions de dollars.

Parmi les exemples les plus marquants figurent une facture de 100 000 $ pour le service de restauration en vol lors d’un voyage d’une semaine au Moyen-Orient, ainsi qu’une dépense de 71 000 $ en services de limousine pour un séjour de quatre jours en Islande.

Au-delà de ces avantages, les gouverneurs généraux ont droit à une pension dite « dorée » et à un compte de dépenses à vie, même s’ils ne complètent pas l’entièreté de leur mandat.

Ils sont admissibles à une pension annuelle d’environ 150 000 $. Selon les estimations de la Fédération canadienne des contribuables, cinq anciens gouverneurs généraux pourraient ainsi toucher plus de 18 millions de dollars s’ils perçoivent leur pension jusqu’à l’âge de 90 ans.

Même après leur départ, les anciens gouverneurs généraux peuvent continuer à facturer jusqu’à 206 000 $ par année aux contribuables pour le reste de leur vie, et ce jusqu’à six mois après leur décès.

« La rémunération et les privilèges accordés à la gouverneure générale auraient dû être revus et plafonnés depuis longtemps », a conclu Nicolas Gagnon. « Si les politiciens veulent réellement démontrer qu’ils comprennent la réalité des familles, ils doivent mettre fin, une fois pour toutes, à la culture des augmentations salariales automatiques à Ottawa. »

Tableau : Salaire annuel de la gouverneure générale, selon les données du BCP

 

Année

Salaire

2019

302 800 $

2020

310 100 $

2021

328 700 $

2022

342 100 $

2023

351 600 $

2024

362 800 $

2025

378 000 $

2026

393 800 $